On dit en Afrique que lorsqu’un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle. Le jour où Sorry Bamba viendra à rejoindre le royaume des ancêtres, c’est donc plus d’une médiathèque qui partira en fumée, car cet homme est un puits de science musicale du monde dogon. Détenteur de la tradition, des codes et des rythmes, il est aussi un passeur rare, un de ceux dont les explorations font l’unanimité, comme sur ce Dogon Blues aux structures enregistrées au pays avant d’être habillées à Paris avec la participation de musiciens émérites (Cheikh TidianeSeck, Manu Dibango…). L’ambassadeur des Dogons signe ici un album trait d’union, un album qui ouvre au monde et donne dans le même élan envie de se rapprocher du peuple des falaises.